Le message du premier ministre du Québec François Legault, avant de s’envoler pour l’Allemagne

Nous voulons vous partager sur le site les lignes que notre premier ministre du Québec François Legault a écrite sur sa page Facebook avant de s’envoler pour l’Allemagne. L’objectif de ce voyage est clair : Chercher de nouveaux partenaires en Allemagne, de nouveaux marchés pour les industries québécoises et inviter les industriels allemands à venir investir au Québec surtout dans le domaine des minéraux critiques. Les objectifs que nous partageons, nous soutenons et sur lesquels nous travaillons déjà ici à l’institut.
Voici le contenu intégral de son message
Bonjour tout le monde,
Au moment où vous lisez ces lignes, je suis déjà rendu en Allemagne. Je suis ici avec une centaine d’entreprises québécoises pour forger des partenariats avec le milieu politique et le milieu des affaires de l’Allemagne et des pays de l’Union européenne.
Je voulais prendre un peu de temps pour faire le point avec vous sur ce qu’on vit. Donald Trump a lancé une guerre commerciale contre le Canada, mais aussi contre beaucoup d’autres pays. Il tient des propos agressifs et je sais que ça cause de l’inquiétude et de la colère. C’est bien normal. Mais on doit transformer ça en détermination, en action. Le plus urgent, c’est de nous protéger, protéger nos emplois, nos entreprises, notre économie. On s’est préparé pour ça et on s’est donné des moyens. Et puis, au Québec, on a des leviers forts. On a Investissement Québec, la Caisse de dépôt, Hydro-Québec, Desjardins, la Banque Nationale et le réseau diplomatique et commercial de loin le plus influent parmi les provinces. Je peux vous dire que les autres premiers ministres aimeraient ça avoir autant de moyens d’agir pour protéger leur économie.
Mais on ne peut pas juste se protéger, on doit aller plus loin que ça. Il faut transformer cette crise qu’on vit en occasion de redéfinir notre économie et de changer nos façons de faire. Donald Trump veut nous affaiblir, nous mettre à genoux. La meilleure réplique, c’est de nous tenir debout, de ne pas se laisser intimider et de nous renforcer dans tous les domaines.
Il faut qu’on ait confiance en nous-mêmes. Quand j’ai décidé de fonder une compagnie aérienne avec des associés, on nous a traités de fous. En 1990, pendant la guerre du Golfe, on a frôlé la faillite, mais on n’a jamais abandonné et Air Transat est devenue une grande entreprise. Quand j’ai fondé un nouveau parti politique en 2011, on m’a traité de fou, que c’était impossible de déloger les deux vieux partis. Dans la campagne électorale de 2014, on a failli disparaître, mais on n’a jamais abandonné, on s’est battu, on a survécu et on a réussi à gagner quatre ans plus tard.
Il faut chasser la peur et retrousser nos manches. Il faut utiliser la colère comme carburant pour nous dépasser. Moi, j’ai confiance. En fait, j’ai la conviction qu’on a ce qu’il faut non seulement pour passer à travers cette tempête, mais aussi pour en ressortir encore plus fort. Juste à voir votre réaction, votre détermination à acheter québécois et à ce qu’on se tienne debout, c’est rassurant. En achetant québécois, on ne se trompe pas.
Il faut voir aussi la force, la détermination et la débrouillardise de nos entrepreneurs. C’est certain que nos entrepreneurs sont déçus de voir ce qui se passe du côté de la Maison-Blanche, ils s’en seraient bien passé. C’est déjà assez dur d’être en affaires. Mais ils ne sont pas découragés ni déprimés. Au contraire, ils sont admirables. Ils cherchent des solutions…et ils en trouvent! Ils m’épatent. On peut être fier de nos femmes et de nos hommes d’affaires. Il y a aussi beaucoup de travailleurs inquiets et je les comprends. Mais, encore là, je sens pas mal plus de détermination que de découragement.
Donc, on est en Allemagne pour diversifier nos marchés. Il ne faut pas oublier que notre premier marché pour nos entreprises, c’est le Québec. Après ça, on a le marché canadien. On travaille ensemble, tous les premiers ministres du Canada, pour faire plus de commerce à l’intérieur du Canada. Ça fait quand même un marché de 40 millions de personnes. Et ensuite, on a l’Europe, qui est un très gros bloc économique de 450 millions d’habitants et on a une entente de libre-échange avec l’Union européenne.
Avec Donald Trump qui a décidé de lâcher ses alliés, l’Europe doit rapidement augmenter ses capacités militaires. On n’a pas le choix quand on voit ce qui se passe dans le monde. Les Européens vont investir des centaines de milliards d’euros dans les prochaines années dans le domaine de la défense. Au Canada aussi on va devoir investir.
Le Québec est bien placé. Avec le chantier naval Davie, on est capable de construire des navires à la fine pointe de la technologie. Il y a quelques semaines, on a annoncé un contrat de plusieurs milliards pour construire un brise-glace polaire. J’ai rencontré Mark Carney et Pierre Poilièvre et les deux veulent en construire d’autres. En aérospatiale, on a le leader mondial des simulateurs de vol, CAE. On a Bombardier, Airbus et des dizaines d’autres entreprises, en plus de MDA un leader dans les satellites de communication. On a CGI en informatique qui travaille aussi en défense. On a de grandes firmes de génie comme WSP ou AtkinsRéalis. Et surtout, on a des centaines de PME qui gravitent autour avec plein de personnes ingénieuses et ambitieuses. On va développer ça.
Dans le domaine industriel et de la défense, les minéraux critiques sont essentiels et en forte demande. En ce moment, la Chine domine ce marché et les pays démocratiques, l’Europe au premier chef, ont besoin d’une source fiable. Le Québec est bien placé, notre sous-sol regorge de minéraux critiques : cuivre, fer, graphite, lithium, nickel, zinc, terres rares… On a une stratégie pour accélérer la production de ces minéraux.
Et c’est sans compter notre aluminium, un de nos grands moteurs économiques au Québec. Des milliers de travailleurs de nos régions ont développé une expertise incroyable nous permettant d’avoir de l’aluminium de grande qualité, faible en carbone et à prix compétitif. Avec les tarifs de M. Trump, c’est certain qu’on va se retourner vers d’autres marchés, comme l’Europe, pour exporter ce produit stratégique dans tellement de secteurs.
Dans le dernier budget, on a mis aussi des moyens pour améliorer notre productivité, l’innovation. Et là, au gouvernement, on doit absolument continuer de réduire la paperasse, les réglementations, les obstacles. On travaille fort là-dessus.
On va aussi mettre le paquet dans nos infrastructures, les écoles, les hôpitaux, les routes, les transports, les aqueducs, etc. Quand on est arrivé en 2018, le gouvernement investissait 10 milliards par an en infrastructures, nous on va investir 20 milliards par an dans les trois prochaines années. Le double! Et si, comme je l’ai demandé aux chefs fédéraux, le gouvernement fédéral fait sa part, on va littéralement reconstruire le Québec dans les prochaines années. Dans toutes nos régions.
Le président d’Hydro-Québec a annoncé qu’il allait accélérer les investissements prévus de son plan de développement. On parle du plus gros chantier économique de toute l’histoire du Québec. Un chantier encore plus gros que la Baie-James, avec des travaux dans tous les coins du Québec, pas juste dans le Nord. On va en profiter pour renforcer tout l’écosystème des entreprises dans le domaine de l’électricité et de l’énergie. Le Québec va être une force majeure en énergie et on va mettre en place les conditions qui vont permettre aux prochaines générations et à notre nation d’être une des plus prospères des Amériques.
Donald Trump ne nous mettra pas à genoux. Au contraire, on a eu comme un électrochoc qui nous galvanise. En vérité, on a beaucoup d’atouts, on a beaucoup de forces. On a beaucoup plus à se donner à nous-mêmes que ce que Donald Trump veut nous prendre.
Et non, on ne deviendra pas le 51e État. On va rester le Québec. Notre nation se construit depuis quatre siècles. On en a vu d’autres, on en a traversé des crises. À chaque fois, le peuple québécois est passé au travers. Ce ne sera pas différent cette fois-ci. On va se tenir debout, on va se retrousser les manches et on va se battre.
Et si Donald Trump pensait nous affaiblir, c’est le contraire, le Québec va en sortir encore plus fort!
Votre premier ministre
Le lien vers le message
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